Wednesday, September 17, 2025

La Sicile: soleil et vestiges


Il y avait longtemps que nous en parlions. Apres avoir visionné quelques épisodes de la série Le Jeune Montalbano, la Sicile avec ses paysages, sa cuisine et sa culture ont commencé à nous intriguer. L’idée a fait son chemin et finalement, nous y sommes allés en début d’automne 2025. 

En résumé, le 17 septembre nous avons pris le vol d'Air Transat vers la Calabre, plus précisément Lamezia Terme. Dès notre atterrissage, nous avons fait un court trajet en bus pour arriver à la petite gare de Lamezia et embarquer dans le train vers Reggio di Calabre où nous y avons passé un apres-midi et une nuit. Le lendemain, après une marche de 20 minutes nous sommes au port pour prendre un ferry (Liberty Ferry) avec lequel nous traversons  le réputé détroit de Messine. Le 19 octobre nous quittons la Sicile (ferry vers Reggio) ou le 20 octobre nous prendrons le train direct vers Venise. 9 heures de trajet mais très agréable. Nous passerons 5 jours à Venise avant de reprendre le vol direct Venise - Toronto.

La Calabre.  Une autre région un peu intrigante que ce voyage allait nous permettre d’entrevoir. Je dis entrevoir car nous ne sommes restés que quelques jours dans cette région du Mezzogiorno qui après la Sicile, est la deuxième plus pauvre région de l’Italie.


 Avant l’atterrrissage en Calabre, il nous a été permis de voir le Stromboli, un volcan actif au nord des iles éoliennes de la Sicile. Fascinant de voir, a 40,000 pieds d’altitude cet immense volcan et sa fumerolle. On pouvait discerner la Sicile ainsi que les autres îles éoliennes. On a hâte!

La température à Reggio est 28C et le soleil plombe. 

Mais après une nuit sans sommeil et un très long vol, c’est une marche qui demande beaucoup d’énergie. Dès que nous nous approchons du B&B, notre hôte vient à notre rencontre : probablement facile de nous identifier avec nos petites valises à roulette! Il nous emmène à notre B&B qui est situé près de la station des Liberty Ferries d'où nous traverserons à Messina (Sicile) le lendemain matin. L’appartement est très petit, très propre avec une seule fenêtre donnant sur une cour intérieure qui nous permet de jouir (!) des bruits de conversations des locataires et des vespas servant à leur transport. Comme nous sommes affamés, nous sortons donc pour chercher un endroit où manger. Nous marchons. Longtemps. Mais c’est l’après-midi et tout est fermé jusqu’à 19heures 30. Nous trouvons un petit café qui a encore quelques sandwiches à offrir.  Avec la fatigue, je n’arrive pas à bien prononcer mon italien alors le serveur m'aide un peu en anglais.  Reggio ne nous emballe pas...nous retournons bien vite au « dortoir » pour un repos bien mérité.  

Traversée Reggio – Messina.

C’est avec une grande trépidation que nous avons traversé le golfe de Messine. Comme chaque ville en Sicile, Messine a une histoire marquée par les invasions, les catastrophes naturelles, les guerres dont la deuxième guerre mondiale qui l’a lourdement endommagée (tellement endommagée que la ville s'est méritée une médaille de mérite militaire!).  Avant les tonnes de bombes, il y avait eu un tremblement de terre qui fit 60,000 morts! Cette ville a du mérite! Nous arrivons au port de Messine et aimons l’atmosphère.


Il nous reste un peu de temps avant de prendre le bus pour Taormina ou nous resterons 3 jours. Et donc, nous nous promenons le long du port, allons sur la grande place du Duomo qui est assez étonante! Une belle reconstruction! Un clocher avec un carroussel de personnages qui s'animent sur le coup des quinzes minutes. Le clocher de la cathédrale de Messine est célèbre pour son horloge astronomique  géante, la plus grande du monde

 

L'intérieur de la cathédrale est un véritable joyau. 




Après un agréable trajet en bus (ca. 2 heures 30), nous arrivons à Taormina. C'est le weekend. Les rues sont pleines à craquer de voitures, taxis, scooters et piétons avec valises. Taormina c’est un peu le St-Tropez de la Sicile! Nous marchons au milieu de ce chaos avec notre petite valise à roulette ( que nous étions heureux d'avoir seulement un "carry-on" par personne!) et arrivons à notre B&B avec un peu de retard.  

Les origines de Taormine remontent au 8ieme siècle av. J.-C.   Elle peut s’ennorgueillir d’avoir été la première colonie grecque de la Sicile! Elle resta une ville prospère et un centre important du monde grec pendant plus de 500 ans : à l’arrivée des Romains, elle décida de s’allier à eux (au lieu de résister comme Siracuse) et bénéficia d’un statut de cité libre.   

Comme toute la Sicile, Taormina fut tour à tour sous la dominations romaine, byzantine, normande, souabe, aragonaise et espagnole avant d’être incorporée au royaume des Bourbons de Naples puis à celui d’Italie en 1860. 

Chaque période y laissa des traces visibles et ajoutent au charme de son ambiance.  C’est au XIX ième siècle que les touristes (artistes, écrivains dont Maupassant, Goethe, musiciens dont Richard Wagner et aristocrates européens) affluèrent et cela lui conféra rapidement sa réputation de lieu incontournable en Sicile.

Son théâtre grec et en arrière plan le volcan Etna dont la silhouette prédomine toute le nord-est de la Sicile. Un paysage d'une grande beauté. Nous avons eu de la chance ce jour là car il n'y avait aucun nuage! 



La Place du 9 Avril. Formant une galerie surplombant
 la mer, cette place est divine !
Trois de ses côtés sont bordés par les églises San Giuseppe et San Agostino et la tour de l'horloge, dont l'arche fait pénétrer dans la vieille ville. La place offre une vue imprenable sur la baie et l'Etna ! Après avoir déambulé dans sur le Corso Umberto avec ses restos et luxueuses boutiques, tout le monde semble s'y retrouver sur ses nombreuses terrasses.



Un autre lieu que nous avons adoré à Taormina est celui des Jardins Publiques. Encore un endroit qui offre une vue imprenable sur la baie et sur l'Etna. Les habitants de Taormina s'y retrouvent chaque soir pour la passeggiata avec les membres de leurs famille et les amis. Il Giardino Publico offre une atmosphère très paisible qui contraste avec la foule bruyante des rues avoisinantes.




De notre B&B, il était possible d'aller à pied jusqu'à la plage de Isola Bella. Évidemment, il y avait foule mais c'était une baignade rafraichissante. et cela changeait du déambulement sur le Corso Umberto.


Nous avons beaucoup aimé l'accueil et la situation de notre B&B où nous avons passé 3 nuits.  Situé à 2 pas du Corso Umberto, le B&B Casa Michele nous a enchantés. L'appartement était très spacieux et son ameublement me rappelait l'appartement de mon grand-père Luigi à Montréal.  Nous avons passé de très belles soirées sur la 
grande terrasse où nous pouvions admirer la mer et la côte calabraise tout en sirotant notre bière Messina!



Et que dire de nos hôtes, Salvatore et Domenica! Salvatore, né à Taormina en 1944! (il était fier de son âge) parlait mieux l'anglais que moi l'italien! Lui et sa femme nous traitaient aux petits oignons: quand Salvatore nous a demandé ce que nous voulions pour le petit déjeuner, j'ai acquiescé à sa demande et commandé deux croissants, du pain, des oeufs, des confitures. Quelle surprise le matin de notre petit déjeuner quand nous avons vu la taille gigantesque de ces croissants fourrés au chocolat et  aux pistaches.  Nous avons adoré les petits pains et les tomates fraiches arrosées d'huile d'olive et d'oregan du village voisin Castelmola.  Ce couple était d'une gentillesse vraiment touchante! Taormina fut une belle introduction à l'hospitalité sicilienne. 
 
Notre prochaine étape était la ville de Catania. Catania elle est la seconde ville en importance de la Sicile. Les guides touristiques étaient ambivalents à son sujet: on la décrivait comme une ville à l'abord un peu rébarbatif à cause des immeubles à façade sombre composée de lave volcanique et on rapportait de nombreux témoignages à propos de vols de toutes sortes.  Mais la réalité fut tout autre: notre séjour de 3 jours fut des plus agréables!  Tout un contraste avec Taormina! Catania était plus authentique!  Notre B&B était très central, tout près du chateau Urbino. 

Le quartier était délabré mais nous allions vite nous apercevoir que c'était le cas pour tous les immeubles "historiques" des villes siciliennes! Notre immeuble était un ancien palazzo...la porte ne trahissait sûrement pas ses origines! 

L'accueil de nos hôtes fut cependant si chaleureux que nous en avons oublié l'impression initiale! Cristina et son frère Ninni  nous ont mis à l'aise assez rapidement: ils parlaient assez bien l'anglais ce qui a facilité la conversation. 

Nous avons choisi notre chambre à l'étage supérieur et nous prenions le petit déjeuner à la salle à manger. Ninni nous préparait des petits plats avec oeufs, croissants, ricotta salée et jambon ainsi que du café, bien sûr! Chaque petit déjeuner était une occasion de jaser avec lui sur les habitudes du quartier, la vie à Catane etc...









Mais il fallait bien quitter la table et commencer nos visites!!!

Une des raisons principales pour lesquelles nous voulions absolument venir à Catania était la visite de l'Etna. Avant le voyage, nous avions beaucoup lu sur le  Ferrovia Circumetnea, un train qui fait le tour du volcan, soit un trajet de 110 kms. 


Ce ne fut pas facile d'organiser ce trajet en partie parce que les excursions touristiques privées pour voir le volcan sont très nombreuses et que les touristes sont vite découragés par différentes étapes nécessaires pour  faire ce trajet en train! Pas nous! Heiner avait très bien préparé les étapes et nous avons eu la chance de tomber sur un employé du chemin de fer à la station de métro Borgo (40 minutes de marches de notre hôtel) qui parlait un anglais impeccable et nous a vraiment aidé à acheter les bons billets. 


La météo fut assez favorable pendant le trajet: un ciel trop nuageux ne nous aurait pas permis devoir les alentours ni le sommet du volcan! Ce fut vraiment la peine de faire cette petite expédition qui nous a permis de voir les champs de lave qui s'étendent vraiment sur une grande distance du volcan, ainsi que les vignobles (les vins de l'Etna sont réputés), les arbres à pistaches qui ne poussent que dans cette région proche du volcan (Bronte) et autres paysages verts et assez bucoliques!  





Bien que le voyage ait été très agréable, aucune des stations n'a vraiment été intéressante! A Randazzo, par exemple, nous étions là en début d'après-midi alors tout était fermé. Aux autres stations, aucun WC et des quartiers populaires sans attrait spécifique. Nous avons eu la chance de trouver un minuscule panificio où nous ravitailler pour la seconde moitié du trajet!!! Vive la foccacia!

Le jour suivant notre voyage sur le Circumetnea, il plut! Suivant les recommandations de Ninni, nous en avons profité pour visiter le palazzo Biscari. Le palais Biscari est l'un des plus vastes palais de Sicile. C'est un palais où habite encore la famille Paternò Castello, princes de Biscari, et donc, plusieurs de ses appartements sont privés et fermés aux visiteurs. Toutes les visites sont guidées et nous avons vraiment apprécié les anecdotes de notre guide. 



Le palais fut érigé apres le terrible séisme de 1693 sur les remparts de la ville qui ne furent pas détruits par le séisme! Il fut inauguré en 1763 et était réputé pour ses stucs et de ses fresques. Nous avons admiré ses plafonds, ses planchers en céramique (plusieurs ont encore la céramique originale!) et sa superbe marqueterie. 










Catane a ses charmes et nous avons aimé les parcs entourant la villa Bellini, la via Etnéa, grande rue commerciale de 3 kms qui aboutit au volcan!  Le document ci-dessous (exposé au Palais Biscari) illustre bien l'étendue de la coulée de lave lors de l'éruption du 17ième siècle. 


La visite du musée diocésain nous a permis de monter sur ses toits et d'admirer le panorama! Le monastère des Bénédictin, l'Etna, et la ville.




Catane est réputée pour son marché de poissons La Pescheria et nous y sommes allés, évidemment! Nous y avons dégusté différents plats dont une grosse salade de poulpes et une pizza aux fruits de mer! Liska fut notre resto préféré. 



Les soirées à Catane furent vraiment très agréables: déambuler les rues pleines de petits restaurants sympathiques, aboutir à la Piazza del Duomo ou les musiciens viennent sérénader les touristes, les éclairages scintillants, tout ca conférait une ambiance magique à Catane! La Piazza del Duomo et la cathédrale et la fontaine de l'éléphant forme un ensemble monumental érigé après le séisme de 1693. 






Le trajet en bus de Catane à Syracuse dure à peine 1 heure et marque ainsi notre arrivée dans la région du sud-est de la Sicile.  Les guides recommandent fortement la visite de cette ville qui fut la plus importante ville du monde occidental. Syracuse, ville natale d’Archimède, est dotée d’un magnifique port naturel.   


La ville actuelle qui compte 124 000 habitants, est divisée entre la vieille ville, Ortygie, placée sur un îlot relié par le ponte Nuovo, et la ville nouvelle. Nous avons trouvé un hébergement a Ortygie. Encore une entreprise familiale! Située en plein coeur de Ortygie, elle nous a permis de bien profiter de ses charmes. 
 
Une statue d'Archimède a l'entrée de la ville nous rappelle que ce grand mathématicien est né ici-même à Syracuse alors qu'elle était grecque. Il ne vit jamais Syracuse la romaine car il périt pendant la prise de la ville par les Romains. 



Les rues de Syracuse sont pleines de charme.





Dans la région de Syracuse, il y pousse du papyrus! Il fut apporté de la Grèce égyptienne aux IIIe et IIe siècles av. J.-C. et planté le long du fleuve Ciane tout proche, où il pousse encore. En voilà quelques exemplaires dans Fonte Aretusa, ce bassin d'eau douce alimenté par une source d'eau qui attira les Grecs jusqu'ici et fut le sujet de maintes légendes antiques. 


Autre vestige témoignant de la grande histoire de cette région est le Temple d'Apollon.
Considéré comme le plus ancien temple grec dorique de toute la Sicile, remontant peut-être au début du VIe siècle avant notre ère, il est un des plus vieux du monde grec, comparable à celui de Corinthe !!! Au cours des siècles, il fut transformé en église, puis plus tard en mosquée. L’édifice fut ensuite incorporé dans une église normande, puis dans une caserne sous les aragonais au XVIe siècle.

 




Le castello Maniace fondé au 11e siècle. 




La cathédrale de Syracuse est très impressionnante. Encore un autre exemple d'architecture tellement typique de la Sicile.  On peut ici observer la toiture normande qui surmonte les colonnes doriques. Ces colonnes proviennent du temple grec d'Athéna, les murs datent de l'époque byzantine et la toiture est d'origine normande! 




Nous avons aussi visité ce réseau de galeries souterraines et de citernes dans le Palazzo Arcivescovilles qui servit d'abris aux citoyens de Syracuse pendant les raids de 1943. L'un des tunnels mène jusqu'à une ouverture près du port de la ville non loin de la Fonte Aretusa. Fascinant. 







Syracuse by night...



 
La silhouette du Castello Maniace était particulièrement magnifique au coucher du soleil! 


Et c'est à Siracuse que nous louerons une auto pour une semaine car nous voulons visiter la région des villes baroques, et ensuite partir vers le sud-ouest pour explorer la vallée des Temples et la villa Romana del Casale.  Les transports publics ne sont pas vraiment adaptés à cet itinéraire.  Après avoir quitté les bureaux de l'agence de Budget où tout s'est très bien déroulé, nous nous sommes dirigés NOTO.

Malheureusement , il pleut beaucoup ce jour là. Nous voulons quand même aller visiter Noto car c'est sur notre chemin vers Floridia. Malgré la pluie intermittente, nous prenons notre lunch dans un resto/salumeria sur une des rues principales de Noto. Cet endroit, Sabbinirica, est le summum du Subway :on choisit les ingrédients  de son panini. Mais comme il y a des centaines, je nous choisis plutôt des paninis  du menu. La qualité des ingrédients est excellente! Et le pain! 



Noto est petit alors nous en faisons le tour en quelques heures et restons en admiration devant ces édifices baroques très imposants. Après tout, Noto est la capitale baroque de la Sicile. Ses édifices sont de pierres calcaires locales (tuf) jaunâtres créant un aspect lumineux caractéristique de son architecture baroque reconstruite après le séisme de 1693, donnant à la ville une allure de décor théâtralLe plan de la nouvelle ville se veut avec des rues rectilignes qui se croisent à angle droit et forment ainsi des carrées. (Réorganisation assez commune en Europe apres la destruction des noyaux antiques urbains, comme par example à Lisbonne!).




Après notre visite, nous nous dirigeons vers notre hébergement à Floridia, un site d'agrotourisme où on y cultive des agrumes et des olives. Nous avions accès à tout ce magnifique domaine mais la pluie avait redoublé et tout était super bouetteux! 


Ce fut compliqué d'ouvrir les portes d'entrée du domaine: je communique avec la personne par What'sApp (elle est à Florence!) et c'est finalement sa mère qui habite au domaine qui nous voit à l'entrée et qui nous ouvre. C'est un scénario assez commun en Sicile: la personne qui s'occuppe de louer sur Booking ou Bed & Breakfast Italia habite ailleurs qu'à cet endroit et ce sont les parents (la plupart du temps unilingues italiens) qui s'occuppent d'accueillir les clients. 

Nous avons une maisonnette avec cuisine (assez bien fournie avec condiments, huile, café, thé), salle de  bains, chambre à coucher à notre disposition.  La mamma est gentille et me donne de l'huile d'olive fraiche pour cuisiner.  Elle connait quelques mots de francais (appris à l'école il y a 60 ans!). On finit par se comprendre...surtout qu'elle essaie de me donner des instructions pour lire le compteur d'électricité. Il faut prendre une photo avant le séjour et après...et payer 2 euros minimum.😏


Le lendemain, le soleil brille et nous pouvons entamer la randonnée à la nécropole de Pantalica, dans la vallée de l'Anapo, classée au patrimoine mondial par l'Unesco. Antérieure à la colonisation grecque de la Sicile, réalisée par les autochtones, elle compte plus de 5,000 tombes creusées dans la paroi rocheuse en une multitude de petites grottes artificielles, qui la font ressembler à une énorme ruche.  Des 5,000 tombes, seule une petite centaine ont été retrouvées intactes avec des ossements et des objets à l'intérieur. Merveilleux site! 






On suppose que le creusement de la roche était effectué par des ouvriers suspendus à des cordes du haut des parois, puisqu'il n'y a pas d'accès direct!




Le lendemain, nous quittons Floridia et allons nous balader vers l'intérieur avec l'intention de passer quelques nuits à Caltagirone où Heiner y a déniché un B&B dans la vieille ville. Nous profitons de notre auto pour emprunter de petites routes de campagne avant de faire une halte à Ragusa. 



Ragusa Ibla (vieille ville avec édifices baroques) est pleine de charmes. Un jeune troubadour joueur de harpe celtique donne une belle atmosphère au parc Giardino Ibleo. 





Portail de l'église San Giorgio Vecchio (XVe siècle). Le relief représente saint Georges terrassant le dragon. Le reste de l'église fut entièrement détruit lors du tremblement de terre de 1693.



La piazza de Ragusa Ibla dominée par le Duomo di San Giorgio, built 1744-1775. 


En nous promenant dans la ville, nous découvrons une boutique qui vend le très réputé chocolat de Modica. La représentante qui s'y trouve parle très bien le français et elle me donne plein d'informations sur le chocolat fabriqué à Modica (cette ville est aussi une ville baroque que nous n'avons cependant pas visitée: au moins nous aurons dégusté son chocolat)! 
Si on veut lire un peu plus sur cette spécialité l'article de Wikipédia est très intéressant. https://fr.wikipedia.org/wiki/Chocolat_de_Modica

Après cette virée des villes baroques, nous voilà à Caltagirone, nom provenant de l'arabe et signifiant Chateau des vases. Caltagirone a toujours été réputée pour sa fabrication de céramique. 

Mais avant de relater les charmes de cette ville, il faut préciser qu'elle est densément peuplée! Nous avions réservé un B&B en ville mais sans trop savoir où nous stationnerions notre petite auto. On nous avait dit qu'il serait possible de stationner dans la rue près de l'hôtel. Après une heure d'essai, on abdique! Mission impossible. 

Nous avertissons le B&B que nous ne pourrons pas y venir. La dame n'a pas l'air surprise ni déçue. Mais nous devons chercher un autre endroit! Il est 17h...nous stationnons devant une entrée de garage et "googlons" le site de Booking. Heiner trouve quelque chose de prometteur! Pas trop loin et avec une cuisinette! Nous arrivons au dit endroit et un monsieur nous y accueille. Luigi ne parle pas anglais...mais il nous fait vite comprendre que cet endroit est un B&B et sans possibilité de cuisiner! Malheureusement, nous avions déjà acheté des virtuailles..je lui explique tant bien que mal notre mésaventure de stationnement dans les dédales de Caltagirone. Il appelle son fils Gianlucca qui est en charge des opérations. Il lui explique toute mon histoire...tout ca se déroule dans une ambiance bien chaleureuse et on décide que finalement, comme nous sommes les seuls invités, nous aurons exceptionnellement la possibilité de cuisiner notre souper dans la cuisine. Notre chambre est immaculée et très comfortable. Cet endroit est un petit bijou! Nous sommes très heureux de notre trouvaille! Apres tout ce stress, nous avons besoin d'une pause et nos allons nous asseoir dans le côté jardin. Il y a des figuiers, des orangers et un citronnier...Luigi nous offre les dernières figues qui pendent à l'arbre! Il nous offre un citron et nous montre comment l'éplucher et le manger avec du sel! Il nous offre meme de nous faire faire un tour de Caltagirone mais nous sommes trop fatigués! 

Notre premier petit déjeuner est succulent (tartes aux oranges sanguines organiques du jardin familial, gâteaux, biscuits) et c'est la maman de Gianlucca qui a tout cuit dans ses fourneaux!







Luigi nous cueille après le petit déjeuner et il nous conduit à travers les rues de Caltagirone pour que nous en admirions les édifices, les balcons, les escaliers et les jardins qu'il affectionne tout  particulièrement. Il est très fier de sa ville et nous donne de long compte-rendus historiques en italien  que nous traduisons en anglais avec l'aide de Google! 

Nous décidons de rester une troisième journée dans ce B&B qui s'appelle l'Incanto degli Artisti.
 https://www.lincantodegliartisti.it/en. (Il y a de magnifiques photos de Caltagirone sur ce site du B&B).

Ces vases ornent le passage qui longe les jardins publiques de la ville. Ils sont tous différents!


Il y a le fameux escalier DI SANTA MARIA DEL MONTE qui fait la réputation de la ville! Cet escalier de 142 marches fut construit en 1606 pour relier l’église-mère à la place où se tenait l’édifice sénatorial. Depuis 1954, des plaques retraçant l’histoire de la céramique des Arabes jusqu’à nos jours revêtent les contremarches. Toutes ces marches ont des motifs différents!


D'innombrables ateliers de céramique jalonnent les rues de la ville. Grâce à Luigi, qui est un enfant de la ville, nous visitons plein d'endroits et meme l'atelier de cette artiste qui peint les vases à la main! 



De Caltagirone, nous faisons une visite à la Villa Romana Casale mondialement renommée pour ses mosaiques. La construction de cette villa romaine du Casale remonterait au IIIe siècle après J.-C.. La villa est aujourd'hui reconnue pour ses 3 500 m2 de mosaïques. Elle est classée au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1997, et elle représente donc une visite incontournable lorsqu'on se rend dans cette région. Ces immenses surfaces (planchers, murs, etc..) couverts de mosaique racontent avec détails et couleurs diverses aspects de la vie des Romains.  On pense que la villa était au coeur d'un immense domaine agricole mais l'identité de son ou ses propriétaires reste incertaine. En 1194, le mont Mangone s'écroule sur la villa et elle reste enterrée pendant 7 siècles. Ce n'est vraiment qu'en 1881 que les travaux de l'architecte Pappalardo contribuent à sa redécouverte. Pour la mettre presque entièrement à nu, un bon nombre de campagnes de fouilles furent nécessaires. Il est d'ailleurs probable que certaines pièces et ailes du bâtiment n'aient pas encore été mises au jour.  





Sur le chemin du retour vers Caltagirone, nous avons une vue superbe de la ville et de la région.



Ce soir là, Luigi nous propose d'aller manger à son restaurant préféré mais aussi de nous faire visiter Caltagirone "by night". C'est Heiner qui conduit dans le dédale des rues de la ville avec Luigi comme co-conducteur. Moi je suis à l'arriere et traduit si nécessaire les instructions de notre nonno sicilien! Quelle aventure! Le repas au restaurant sera bien mérité.

Pâtes fraîches avec sardines pour Heiner et veau à la sauce Marsala et salade pour moi. Les portions sont généreuses et nous ne voulons pas vraiment de dessert...à moins que le patron nous les offre gracieusement! Voilà qu'apparaissent 4 cannollis et une bouteille d'Amaro! 


Nous sommes vraiment ravis de notre séjour à Caltagirone! Nous faisons nos adieux à toute la famille le matin de notre départ! 



Notre prochaine halte touristique: la Vallée des Temples près de la ville de Agrigento. Classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, ces temples gréco-romains surplombent la mer de leurs colonnades encore debout. Comme ni moi ni Heiner ne sommes jamais allés en Grèce, c'est une magnifique opportunité de pouvoir admirer cette ville antique. 

A la fin du Ve siècle avant J.-C., la Sicile comptait tant d'établissements grecs qu'elle était connue, avec l'Italie du Sud, sous le nom de Grande-Grèce. Encore aujourd'hui, c'est l'endroit ou l'on retrouve le plus grand nombre de temples grecs en Méditerranée.

La météo était de la partie: un ciel un peu nuageux, 24C et une légère brise! C'est un espace immense et sans arbres alors nous n'avions aucun problème à imaginer que cette visite, en été, doit être assez pénible!




Les traces des chariots romains sont restés gravés dans la pierre! 




La visite de ces lieux dura plusieurs heures. Toute une expérience de voir ces témoins de l'histoire dans un cadre si magnifique. Une visite inoubliable.

Avant de nous diriger vers notre prochain B&B à Sciacca, nous décidons d'aller explorer les Marches des Turcs, autre lieu incontournable du sud sicilien. Supposément l'une des sept merveilles de la Sicile ! 

Ici, la mer et l'érosion ont laminé les falaises de craie en escalier d'une blancheur éclatante. Le contraste entre le turquoise de la mer et la blancheur de la roche est saisissant.  Pour la petite histoire, son nom date des pirates sarrasins qu'ils appelaient les Turcs (mais qui étaient en réalité des Arabes). Ils avaient trouvé ici un abri contre le vent et un lieu d'abordage. En grimpant sur ces marches naturelles, ils ont pu atteindre le sommet de la falaise et attaquer les villages avoisinants. 



Malheureusement, nous n'avions pas acheté nos billets en ligne et nous n'avions pas envie d'attendre 1 heure avant de pouvoir y accéder (seules 20 personnes à la fois y sont autorisées!). Nous les avons donc contemplé de la plage avoisinante.  

Notre prochaine halte était Sciacca. Les images des guides et trouvées sur l'Internet étaient très prometteuses. Mais notre expérience fut un peu décevante. Nous avons beaucoup marché pour explorer la petite ville. La marina, par exemple, n'était pas accessible et moins pittoresque qu'anticipé. Notre Air B&B était sombre et minuscule: un passage ornementé de céramiques y conduisait. La seule fenêtre de l'apartement donnait sur cette ruelle. 



 Il fut très compliqué de trouver un stationnement (contrairement à ce qui était écrit dans la description du B&B). Nous avons donc acheté quelques heures de parking...il m'a fallu marcher 800 mètres jusqu'à la prochaine tabagie pour acheter de grand coupons semblables à des billets de loterie! Je n'ai pas trop compris comment il fallait les remplir ou les gratter et on les a tout simplement mis bien en vue sur le tableau de bord de la voiture. 


Cette nuit là, nous sommes allés nous promener à 3 heures du matin dans le voisinage et avons trouvé une place de stationnement publique près de notre hôtel! Ce fut une belle promenade et nous avions un parking pour le reste de notre séjour! 

Sciacca by night...



L'Église San Nicolo La Latina est la plus ancienne église de Sciacca et l'un des exemples les plus intéressants de l'art sicilien-byzantin riche en éléments islamiques. 
 














Ainsi arrivons nous à la partie la plus occidentale de la Sicile. Souvent nommée la Sicile africaine. La carte illustre bien la proximité de Marsala et Trapani et de la Tunisie. 411 km à vol d'oiseau séparent les 2 continents.  


Marsala...ne pense-t-on pas immédiatement à faire la cuisine avec le vin de Marsala? Ce vin fortifié en fait la renommée depuis des siècles! Mais il y a tant d'autres charmes à cette région touristique. La petite ville de Marsala nous a beaucoup plus. Touristique, certes, mais avec une âme! Il a fait bon déambuler dans ses rues et son marché (nous y étions un samedi).  


Bien que l'atmosphère ait été agréable la qualité des produits de ce kiosque laissait à désirer...notre couscous aux poissons était plus semoule que poisson!












Il était presque midi et le marché fermait...de bien drôle de poissons y étaient offerts! Une espèce nommée Palombo...chien de mer, un genre de mini requin...pas trop appétissant.



Après une agréable couple d'heures à Marsala, nous nous mettons en route vers l'aéroport de Trapani où nous remettrons l'auto de location.  Ce trajet entre Trapani et Marsala face aux îles Egades, permet de découvrir les paysages des salines! De petites merveilles avec leurs canaux et leurs moulins à vents dans un paysage tout à fait lumineux! A cause du climat chaud et sec, du vent qui favorise l'évaporation, cette région a toujours été parfaite pour l’extraction du sel. La proximité des ports de Marsala et de Trapani pour le commerce et l’expédition est tout à fait idéale.





Ceci termine notre séjour en auto. Nous arrivons à l'aéroport de Trapani, stationnons l'auto dans l'enclos de Budget Car mais personne n'est au guichet! Aucune indication que le responsable va revenir à son poste...Quoi faire???? Je téléphone au numéro inscrit sur notre contrat: personne!  A mon troisième essai, on me répond en italien (le balayeur????) et on me dit que je dois aller à l'aéroport pour y remettre les clés de l'auto dans une boîte sur le comptoir de Budget Car.  J'explique la situation aux représentants des autres bureaux de location mais un haussement d'épaule est la seule réaction que j'obtiens! Alors on se résigne: nous verrouillons l'auto, marchons jusqu'à l'aéroport et y laissons les clés. Un manquement bien sicilien: apres tout, c'était samedi et nous étions arrivés 2 heures à l'avance. Ce bureau, supposément ouvert 24/7, ne l'était pas! 

Nous étions maintenant libres: plus besoin de chercher un stationnement! Nous avions réservé un très bel appartement à Trapani.  Après la sombre "cellule" de Sciacca, nous avions besoin d'espace et de lumière! Le coeur historique de la ville est petit mais charmant. Nous y avons dégusté notre Spritz préféré, et admiré les façades et cours intérieures de plusieurs palazzi et avons acheté des pâtes fraiches au supermarché Déco à quelques coins de rues de notre hotel. 




C'était la saison des grenades...


Une des raisons principales de nous attarder à Trapani était d'utiliser le téléphérique de la ville pour atteindre la ville historique de Erice, au sommet d'une montagne voisinante. En une bonne demi-heure, nous pouvions marcher de notre hôtel jusqu'à la station du téléphérique.  Nous nous sommes mis en route de bonne heure pour nous faire dire que le téléphérique était hors de service à cause du vent! La ville de Erice étant à 2500 pieds d'altitude, il se pouvait en effet que les vents y soient plus forts qu'à Trapani. Nous devions changer de programme cette journée là!

Le dimanche, c'est pas facile de composer un programme en Italie. Nous avions envie d'explorer cette partie de Trapani et avions lu qu'il y avait un marché même le dimanche. Non, c'était seulement le samedi...ok, on achète un sandwich et on le mange sur la place publique de la petite piazza. Et on décide d'aller explorer la rue qui longe la mer et les plages qui s'y trouvent. 




Le lendemain, bien que le téléphérique soit encore fermé, nous allons à Erice par autobus! Voilà qui est plus fiable...Nous arrivons très tôt à Erice. L'autobus méandre sur la route de montagne et les paysages sont vraiment extraordinaires. La SP31 est le trajet journalier des bus que les locaux prennent pour voyager de Trapani à Erice et à Valderice, un peu plus loin.  La silhouette de l'imposante San Vito Lo Capo domine le paysage. 
 

Erice est une attraction dans cette région de la Sicile. En arrivant dans le village, nous sommes frappés par la sérénité des lieux. Nous faisons le tour extérieur de la place en admirant l'imposante forteresse du Château de Vénus (Castello di Venere)  qui se dresse à la pointe de la montagne, au sommet d’une falaise. Il fut érigé au XIIe siècle par les Normands sur le site qui était auparavant occupé par le Temple de Vénus et qui à l’époque était en ruines. On y a une vue magnifique. L'air est très limpide ce matin là...et il y a du vent!





Une autre petite merveille est la très ancienne Chiesa Madre. C'est la principale église catholique de Erice et est dédiée à Maria SS. Assunta remonte à la première moitié du XIVe siècle, lorsque le roi Frédéric III d’Aragon séjourna à Erice pendant la guerre contre Naples. Le clocher haut de 28 mètres servait aussi de tour de guet. 





Nous avons particulièrement aimé le monastère de San Carlo et sa petite église. Cette dernière ainsi que son monastère furent bâtis en 1617 et dédiés à l'hébergement des orphelines. Le monastère adjacent abrite d'élégants chœurs protégés par des grilles, où les moniales cloîtrées pouvaient assister à la messe et prier en silence.  Le plancher en céramique est original et nous a rappelé celui du Palais Biscari à Catane. 




Vers 11 heures du matin, l'ambiance devint moins sereine car une vingtaine de bus venait décharger (!) des hordes de touristes dans les petites rue de la ville.  Nous étions contents d'être arrivés assez tôt à Erice. Mais à cette heure. il va sans dire que nous avions déjà un peu faim. Pas question de quitter la ville sans manger une bouchée! C'est dans petite pasticceria (Pasticceria Maria Grammatico) que nous avons dégusté un des meilleurs desserts aux pistaches du voyage! 



De retour à Trapani pour une nuit avant de reprendre la route pour Monreale et Palermo.  A Monreale, à part la merveilleuse cathédrale, il y aura la rencontre avec nos amis Peter et Ruth qui ont fait le voyage de la Suisse avec leur VR ! Nous les retrouvons avec plaisir et allons prendre un petit lunch à la terrasse du restaurant O'Lusso a Monreale. J'en profite pour commander une caponata, plat régional très prisé en Sicile. Comme O'Lusso est un resto gourmet, la caponata (aubergines frites, tomates, olives) est faite  sur place et est absolument délicieuse! un parfait accord avec le vin blanc sicilien de Corleone! 

 

















Le lendemain, accompagnés de nos amis, nous visitons la cathédrale de Monreale. Je peux franchement dire que nous avons été ébahis par cette cathédrale. Nous avions pourtant lu les guides, vu des photos mais l'expérience in vivo nous laissa bouche bée. Les murs de cette cathédrale semblent être drapées d'or: en fait, ce sont de petites mosaiques de 1cm carré qui recouvrent les parois de la cathédrale. Inimaginable comment ce put être réalisé! Quelques photos...





Ces photos furent prises en début de matinée alors que le soleil illumine l'intérieur de la cathédrale. Nous reviendrons le lendemain mais cette fois en fin de journée alors que l'intérieur est plus sombre et donc, moins dramatique. Les façades extérieures de la cathédrale dénote une fusion harmonieuse des styles normands et arabes: des arcs tressés, des motifs géométriques, et des tours quadrangulaires, typiquement de style normand!  
























Lors de notre planification, nous n'avions pas anticipé d'habiter à Monreale. Mais puisque nous avions décidé d'y rencontrer nos amis, nous avons loué un petit appartement dans une rue près de la Cathédrale. Typiquement siciliennes, ces rues étroites où flottent des toiles de chaque balcon pour faire de l'ombre our protéger de la pluie! Notre B&B est dans la photo du milieu...avec la vue du balcon et de notre rue!





Comme la majorité des touristes ne viennent que passer la journée à Monreale (le trajet Palermo-Monreale se fait bien en bus), les soirées à Monreale sont bien tranquilles. Quelques restos restent ouverts mais vides de clients. La place Vittorio Emmanuel à l'entrée de la cathédrale reste néanmoins très belle avec son illumination. Son attraction est la fontaine de Triton, un remarquable exemple d'art baroque érigée au XIXe siècle. Elle présente Triton, dieu grec de la mer combattant un monstre maritime...comme seuls les dieux grecs peuvent le faire!



Alors que Peter et Ruth reprennent la route (la vie nomade en VR s'accorde bien mal avec notre itinéraire de B&B en B&B), nous restons à Monreale et entamons une autre visite qui restera dans nos mémoires, celle du magnifique cloître adjacent à la cathédrale. Une merveille d'architecture et un endroit serein et silencieux loin des foules de touristes. 

Le cloître, seul vestige du couvent bénédictin de Monreale, est un des plus importants cloîtres de la Méditerranée. Avec une structure de 50 m environ de côté, ses 228 colonnettes doubles, décorées de riches mosaïques polychromes.  Les chapiteaux romans, tous différents, magnifiquement sculptés dans les formes les plus variées, représentent des scènes religieuses. Le côté sud est occupé par une petite fontaine raffinée d’influence arabe qui, selon la légende, ferait rajeunir de 10 ans les femmes qui y tremperaient les mains ! Zut car Marleyne a oublié de le faire...tant pis! 




Dans quatre secteurs du jardin monastique un arbre symbolique a été planté : un palmier dattier, symbole de justice ; un figuier, symbole de paix et d’abondance ; un grenadier, symbole de fertilité ; et un olivier, symbole de paix.








E ora, Palermo arriviamo! Le trajet d'une heure en bus de Monreale est agréable et la première impression de Palerme est très positive: les rues sont propres, larges, avec plusieurs parcs. Il y a tellement de rumeurs à propos de cette ville que nos attentes étaient plutôt mixtes! 

Nous descendons du bus pour entrer dans la ville par la très imposante Porta Nova.  Ce magnifique arc de triomphe, adjacent au Palais des Normands, est depuis des siècles l'accès terrestre le plus important à Palerme. 



Un détail de la porte illustrant 4 maures rappelle que c'est par cette porte qu'en 1585, Charles Quint entra dans Palerme apres son triomphe contre les Turcs.


Un autre coup de coeur en entrant dans la ville est le magnifique domaine de la Villa Bonanno, nommée ainsi apres le maire de Palerme, Pierre Bonanno. Cet endroit fut réemménagé en 2013 (et offre vraiment un oasis de verdure et de tranquillité avant de pénétrer plus profondément dans les dédales de la ville. 


Bien que ce soit l'intérieur de la cathédrale de Monreale qui défie toute concurrence, l'extérieur de la cathédrale de Palerme est d'une élégance incomparable! 






Ci-dessous, le théâtre de Palerme, ou Teatro Massimo Vittorio Emanuele (litt. en français : « Grand Théâtre Victor-Emmanuel ») est la plus vaste maison d'opéra d'Italie et l'un des plus grands d'Europe de cette époque. Des salles de représentation, de réception, des galeries et des escaliers monumentaux entourent le théâtre proprement dit, construit entre 1875 et 1891, qui peut accueillir 1 640 spectateurs et la scène 700 acteurs. C'est un beau quartier plein de vie autour de ce Teatro Massimo, surtout sur la via Cavour. Comme nous aurions aimé assister à un concert dans ce grand théâtre!


Une autre attraction de Palerme: les marchés! Il y en a 3 et nous les avons tous visités. Je crois qu'ils nous ont un peu décu car ils ont perdu beaucoup de leur authenticité. Les touristes, comme nous, ont contribué à rendre ces endroits des stands à bébelles faites en Chine ...mais cela se passe partout à travers le monde, hélas! La bouffe qu'on offre ne nous a pas trop plus: de manger des plats de poisson et des fruits de mer ayant été étalés au soleil pendant des heures ne nous a pas trop tenté...Nous avons essayé un plat de fritures à 20euros qui nous a aussi un peu décus.

 
Quand les passagers d'un bateau de croisière débarquent pour le lunch... les restos se remplissent rapidement. Puis , tout se vide quand ce beau monde repart sur le bateau! 

Il y avait quand même de beaux légumes et de beaux fruits! 

 
 
Nous habitions un petit appartement, le Guest house Beati Paoli, à proximité du marché El Capo. Nous aimions le petit kiosque à 2 pas de chez nous pour y prendre l'apéro en apres-midi ou en matinée, des paninis frais  avec de la mortadelle ou du thon en avant-midi le samedi et dimanche! Et que dire du marchand ambulant de pizza avec sa mini-camionette dans laquelle if faisait cuire les pizze!
 


En face de notre immeuble, un rembourreur de meubles...


En déambulant dans les rues, nous nous sommes aussi attardés sur la place de l'église San Cataldo. Typique de la fusion architecturale de plusieurs styles (normand, arabe, byzantin), San Cataldo fut fondée entre 1154 et 1160 par l’amiral du roi Guillaume Ier de Sicile. Puis elle fut confiée à des Bénédictins de Monreale, qui la conservèrent jusqu'en 1787. Après de nombreuses péripéties "architecturales", l’édifice fut utilisé comme bureau de poste jusqu'en 1882. Puis, une rénovation rigoureuse lui redonna son aspect médiéval...


Et que dire des péripéties architecturales qui eurent lieu pendant la période fasciste. Erigé en 1920, le bureau de poste central détonne avec les autres bâtiments de la ville!  


Notre dernière soirée à Palerme fut mémorable! Comme chaque jour, nous nous sommes rendus aux Quattro Canti, l'intersection des deux rues principales qui traversent la ville : la via Maqueda et le Corso Vittorio Emanuele. Il y a toujours tellement de monde qu'il est difficile de s'arrêter pour admirer l'architecture de ces quatre façades qui furent réalisées entre 1609 et 1620.

Le niveau du bas est garni d’une fontaine, représentant les rivières de la ville antique. Puis, au prochain niveau, les allégories des quatre saisons (symbolisées par Éole, Vénus, Cérès et Bacchus ) ; enfin, un autre niveau qui abrite les statues de Charles V, Philippe II, Philippe III et Philippe IV ; le niveau supérieur portent les quatre saints de Palerme : Agate, Ninfa, Oliva et Cristina, qui étaient les patronnes de la villes avant l’arrivée de Santa Rosalie (1624) et Saint- Benoît le Maure (1652). Elles sont surmontées par les blasons royaux. 

C'est dans ce cadre magnifique que nous avons pu assister à un concert d'opéra, de musique et de danse qui étaient représentatifs de l'atmosphère qui régnait au milieu des tourments révolutionnaires italiens du Risorgimento. (Un livre écrit par l'écrivain et aristocrate italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa  y trace la vie d'un aristocrate sicilien de cette époque marquée par la transition entre un ordre ancien et un nouvel ordre.) Cette histoire d'artistocratie déchue, reste dans les mémoires de la ville de Palerme. 
Cette soirée fut vraiment une expérience émouvante qui marqua la fin de notre séjour à Palerme! 
En voilà un court extrait:  https://www.youtube.com/shorts/UoOAdsAjswg

Dernière station dans notre tour de l'île : Cefalu!




Situé sur la côte, Cefalu est une station balnéaire mais surtout une charmante ville médiévale dominée par un énorme rocher (La Rocca), avec une cathédrale superbe et un lungomare ou il fait bon se promener en soirée. Notre appartement se situait un peu à l'ouest du centre, près de la gare, avec un balcon, et une cuisine très bien équippée! Nous étions à quelques pas de l'épicerie Gourmet Déco! 




La cathédrale a été construite au pied du rocher de la Rocca. Sa construction a commencé en 1131 dans le style arabo-normand. Elle adopte un plan basilical avec coupole, qui inspirera d'ailleurs par la suite la cathédrale de Monreale! 



 
Ici, un lavoir typiquement médiéval avec 22 bouches en fontes  dont quinze têtes de lion disposées le long des parois du lavoir et surmontées de voûtes basses. Ici, les lavandières venaient laver le linge en utilisant les vasques spécialement conçues pour frotter les vêtements.




Un autre vestige témoignant des traditions siciliennes: 
L'entreposage de l'huile d'olive dans des cruches de grès ! 


Nous ne sommes restés qu'une journée et demie à Céfalu. Mais ce fut une belle étape avant le départ pour une des îles éoliennes: Vulcano!





Months before we realized our desire to visit Sicily, we saw a movie on TV which included scenes taking place on the island called “Vulcano”.

The Aeolian Islands are a stunning volcanic archipelago north of Sicily. It is famous for active volcanoes (Stromboli and Vulcano), its black sand beaches, smelly thermal mud baths, turquoise waters etc.

The movie clips included views of the volcano, and excursions on a motorcycle across the island.

We were hooked and wanted to add this destination to our travel plans on Sicily.

We booked an apartment for 3 nights. We picked this particular one because it claimed to provide an unobstructed view of the volcano.

After some challenges to get from Cefalu (our previous destination) to Milazzo (by train) and take a fast ferry (Liberty) across the Aeolian Sea to the island (it was a Sunday, and public transport runs on a reduced schedule, or not at all ...), we were warmly greeted by the son of our host, a great welcome.

First impression when arriving on Vulcano is the persistent, and, at times, overwhelming smell of sulphur, especially around the mud baths, which are just behind the ferry docks.

Our accommodation exceeded our expectations. Our street was dominted by THE vulcano!


The terrasse was surrounded by flowery hedges, and provided an unobstructed view of the volcano, emitting sulphuric gases.











 





























The next day was reserved to explore this volcanic island with a motorcycle.
We had to get used to navigate the tight serpentines along the way, but we managed without an accident! The views of the volcano and of the Aeolian islands were exceptional!    


 


The molted lava shaped monsters along a steep cliff!




Heiner expressed a wish to climb up the crest of the volcano the following day.  The footpath is only open early in the morning, and late in the afternoon, probably to the exposure to the sun on this shadeless climb (there is a “traffic light” at the beginning of the trail, indicating if the trail is open or closed!).  Marleyne opted out, the assent sounded a bit too demanding for her.  So, off  he went the next morning, equipped with a lot of water and a couple of sandwiches.

The first few hundred meters (the black section) went smooth, although at a steady angle upwards, the remaing section to the rim was more challenging and one had to look for a good foothold in order not to fall, or worse, sliding down on these were smooth rocks.  




 
Entering the rim of the volcano felt like stepping into a lunar landscape. H’s goal was to walk along the rim to the very top. In the process, and due to wind shifts, the sulphur gases were drifting sometimes across the footpath, causing watery eyes and resulted in a scratchy cough.




The descent was “easier” on the heart, but once arrived at the bottom, Heiner’s knees and legs felt all wobbly. But it was an unforgettable experience! 

After a cold beer, we went again out to the beach for a swim over the hot vents. One could spot large swirls on the water. Once above it, it felt like sitting a wall-less whirl pool, and having a “cleansing”, due to the sulphur smell in the air.  
 

Our time in Sicily was coming to an end.  After a nice extended breakfast on our beautiful terrasse, we took again the fast ferry back to Milazzo where we stayed 2 nights, taking walks along the lungomare. 


We walked along both side of the Milazzo peninsula and enjoyed the sights of the tuna fishing boats. We saw a fisherman fixing his nets along the street and several artifacts attesting the importance of tuna fishing in this region.




Milazzo is not very touristy and our apartment at Casa Vacanze Gheos offered us free breakfast at the Bar Nettuno: we loved it! It was my fist authentic Sicilian breakfast: brioche with ice cream or granite!
It beats granola!!! 

Of course, in case there was not enough sugary elements in the breakfast, one could buy marzipan...a real work of art here!


We had a good time in Milazzo...but the voyage continues: next day, a further bus ride brought us to Messina, and then another ferry ride to the mainland, Reggio.  From there we  take a high speed train (9 hour ride) to our next destination: Venice!

Venice:

We had been in Venice many times, starting in the 1970s, and we are still not getting enough of this city.  On each visit we discover new places, or we revisit places we had seen before and which left us with great memories. 

Our preferred place to stay (when not camping) is Lido Island.  It is outside of the touristy buzz, with local shops/supermercatos/cafes - like a real small Italian town.  This time we stayed close to the ferry terminal, Hotel Riegel, with a balcony for our room, overlooking a quiet neighbourhood of mansions set in a park like environment.   

Once again, we purchased a weeklong Vaporetto pass that enabled us to move freely around Venice.
 
This time we managed to visit the Peggy Guggenheim Museum.  It is a small museum, with all kinds of knick-knacks, not comparable to the other Guggenheim Museums we had visited throughout NA or Europe.

The museum presents Peggy Guggenheim's personal collection, masterpieces from the Hannelore B. and Rudolph B. Schulhof collection, a sculpture garden as well as temporary exhibitions. 
 
 










One place we had missed in our previous visits was “The Scuola Grande di San Rocco” (https://en.wikipedia.org/wiki/Scuola_Grande_di_San_Rocco).


The Scuola is a lay confraternity founded in 1478.  Tintoretto was commissioned to decorate the building with images from the New and Old Testaments. These paintings are huge, and very well restored.  The intensity of the colours is almost overwhelming!  
 
 

 

 
And the woodwork around the room is simply mind boggling!





The building has hardly undergone any alteration since its construction.
The confraternity is still active today, carrying out its traditional charitable duties as well as looking after its extraordinary artistic patrimony.

After our intitial dicovery of “Chiesa Parrocchiale di San Pantalon”, we are always drawn back to this unassuming 1600 century church. 
 
 
 
Unassuming from the outside, but what an experience when stepping into this church, with the frescos creating 3-dimensional spaces, lifting you higher and higher to the sky and to heaven.
 

 

Taking advantage of a sunny day, we revisited Murano. We enjoyed the vaporetto trip on the laguna. 





Back in Venice, we continued our exploration making more use of Google Maps; it allowed us to navigate on foot from A to B, discovering new neighbourhoods, tiny alleys, hole in the wall passages, wine stores, in other words places and areas we had not seen before! 

For example:  Cantine del Vino Già Schiavi, a small enoteca with floor-to-ceiling bottles lining the walls, with wines by the glass, tapas, and all of that at surprisingly reasonable prices. Those italian cicchetti were made fresh at the back of the store...




And there are bakeries! one that we loved is actually part of a chain in Venice called Majer . 


We  liked the Santa Margherita Bakery Pastry Coffee Bar, which had great and tasty items for lunch or coffee breaks! 

The other Majer shop we visited was on the Giudecca! Despite the weather being rainy, cool and humid, we returned to Giudecca with the vaporetto.  We visited this island several years ago. This time, we liked it better. We explored small alleys, boat yards and, sombre alleyways!






While trying to get out of a rain shower, we entered a little church:  Chiesa di Sant'Eufemia, dating back to the 9th century. https://en.wikipedia.org/wiki/Sant%27Eufemia,_Venice


While looking around, a local curator approached us and in slow Italian (which Marleyne managed to follow!) gave us a detailed tour of this place, explaining paintings displayed on the walls (starting 9th century), explained the presence of different types of clay bricks on the church walls (that reflect changes and the age of the building), pointed to walled up passages ...What a treat!  We must have spent about 90 minutes in this church which looked quite unassuming from the outside!
 


Even the small garden of the church was pittoresque!











The rain had not stopped, but a Majer Bakery was close by...



Our trip ends here.  40 days Italy.  A wonderful experience, full of memories to last a life time.